Le parent bon et le parent mauvais

Publié le par courtois

Dans la famille, parfois, il y a celui qui est bon en mathématiques et celui qui est mauvais en mathématiques. Chic, c’est pratique, il y en a au moins un qui peut aider son enfant. Malheureusement, cela ne se passe pas aussi bien que cela. A chaque fois, que le parent doué en mathématiques aide son enfant cela peut tourner au drame. Il ne comprend pas que son enfant ne comprenne pas l’évidence.

Le premier conseil est assez simple :

Il m’est arrivé " d’interdire " au parent bon en mathématiques d’aider son enfant. Le parent qui est bon en maths doit faire attention à aider son enfant avec discernement et calme. S’il n’est pas capable d’expliquer ce qu’il croit évident, il vaut mieux s’abstenir. L’évidence n’existe pas. L’énervement ne sert qu’à renforcer les blocages.

C’est une situation classique ; être bon dans une matiére ne donne pas les capacités de passer un savoir, or dans le cas d’une relation parent-enfant, l’exigence des parents pourrait ne pas se satisfaire de l’incompréhension ou des difficultés de leurs enfants. Je suis bon nageur et bon skieur, j’ai essayé de l’apprendre à ma fille, cela risquait à chaque fois de tourner au drame, j’ai laissé cet apprentissage à des professionnels.

Le deuxieme conseil sera plus difficile à appliquer :

Le parent mauvais en maths peut aider son enfant en apprenant avec l’enfant.

Bien sûr, il faut une bonne dose de remise en cause pour le parent. Il faut qu’il se débarrasse de son refus de comprendre les mathématiques, pour pouvoir aider son enfant sinon cela ne marche pas. Il doit vraiment essayer de comprendre avec l’enfant. Il n’y a pas d’impossibilité. La maturité permet d’aborder les connaissances avec moins d’angoisse pour l’adulte. Il n’a pas d’enjeu. Et quelle fierté pour l’enfant quand il peut expliquer des choses à sa mére ou à son pére.

J’ai eu cette idée un jour où j’étais étudiant en mathématiques spéciales. Je calais depuis des heures sur un probleme difficile. Au moment où j’allais abandonner, ma belle-mére m’a demandé si elle pouvait m’aider. J’étais très surpris car elle criait haut et fort qu’elle était nulle en maths. Et puis l’idée a fait son chemin dans ma tête. Je n’arrive pas à résoudre le probleme parce que je ne le comprends pas et je ne le comprends parce que je le formule pas. Si j’essaye de formuler une idée très abstraite à une personne qui n’est pas de mon niveau peut etre que je débloquerais quelque chose. J’ai donc essayé de lui faire comprendre une partie de la théorie du calcul différentiel de mathématiques spéciales. Et cela a marché. En essayant de faire comprendre quelque chose de fondamentalement difficile à quelqu’un d’ignorant sur le sujet, je comprenais mon incompréhension et je pouvais trouver la solution de mon probleme. Pour la petite histoire, elle croyait que je butais sur un devoir d’anglais…

On retrouve cette idée dans la méthode Suzuki pour apprendre un instrument de musique.

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