Je suis professeur de mathémathiques dans un lycée qui peut apparaître difficile au premier abord. Il y a 52 nationalités et presque la moitié des élèves sont boursiers. Quand je parle à des parents, qui ne sont pas forcément les parents de mes élèves, ils me demandent si je fais du soutien. Je réponds généralement " non ! ", Cependant ce " non ! " n’a pas la signification qu’ils attendent. J’essaye d’abord de comprendre d’où vient ce besoin. L’aide que l’on peut apporter aux enfants, en particulier au sujet des mathématiques, n’est souvent pas là où l’on s’imagine qu’elle est.

Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 10:31

       Les enseignants se plaignent souvent que leurs élèves n'ont pas de bonnes méthodes de travail mais les étudiants n'ont souvent eu aucune information sur ce qu'est une bonne méthode de travail.

       Avant les vacances de Noël, il me restait une heure avec une classe de seconde. Je n'osais pas commencer un nouveau chapitre et je déteste faire le goûter ou des jeux ingérables. J'ai donc décidé de leur donner quelques conseils de travail sous la forme d'un cours magistral. J'ai été très surpris de leur attention. Il semblerait qu'ils avaient un manque que j'ai réussi à combler. Je donne le plan de ce cours sur le lien suivant:

Conseils de Travail

Qu'en pensez-vous ?

Par courtois
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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 12:28

A premiére vue le titre est un peu provocateur. Mais rappelez-vous que notre société considérait les mathématiques comme la chasse gardée des hommes. Des relents de misogynie mathématiques perdurent. Il y a deux difficultés. Il faut chasser impitoyablement ces mauvaises habitudes mais ce n’est pas le plus problématique. Le plus difficile est de faire sortir les filles mauvaises en mathématiques du carcan dans lequel on les a mises.

On peut lire dans un article du Monde (" le désir d’apprendre " Catherine Vincent 01/12/2004) une démonstration de cet état de fait. On montre à des élèves de collége une figure complexe qu’ils doivent reproduire de mémoire. Cependant on présente à un groupe, l’exercice comme de la géométrie et à l’autre comme du dessin. On remarque que les filles du groupe " géométrie " réussissent moins bien que les garçons alors qu’elles sont meilleures dans le groupe " dessin ". Elles ont intégré leurs difficultés en mathématiques comme une chose naturelle.

Quand une mére d’élève vient me voir pour me parler des difficultés de sa fille en maths…Remarquez que je parle de mére et pas du pére ! Hé oui ! Quand j’ai une élève mauvaise en maths je vois rarement le pére. Je n’ai jamais vu le pére d’une élève nulle en maths. Bon revenons à notre mère : quand elle me parle de sa fille, la premiére chose qu’elle me dit -

        -Elle est comme moi, je suis nulle en maths.
           - Et votre mari ?
        -Ah ! lui ça va, il peut même l’aider
.
        -Et comment cela se passe-t-il ?
        -C’est horrible, ils finissent par se crier dessus et elle, elle pleure, ça crie, c’est insupportable.

Voilà, c’est, disons à 90 %, toujours comme ça.

Dans ce cas, je donne toujours deux conseils que vous pouvez voir dans l’article  " Le parent mauvais et le parent bon. "

Par courtois
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 09:00

Je vais tenter de retranscrire un dialogue que j’ai eu avec un parent dont le fils est dans l’école de ma fille. Sa fille est au collége.

- Ah ! Tu es prof de maths, est ce que tu fais du soutien. Ma fille a besoin de soutien en mathématiques.
- Non, je ne fais pas de soutien ! Mais pourquoi a t-elle besoin de soutien ?
- Elle n’est pas très bonne en maths.
- Ah bon ! Je la croyais sérieuse à l’école.
- Oui elle est sérieuse mais je trouve qu’elle n’est pas très bonne.
- Elle s’entend mal avec son prof de maths.
- Non, non, tout va bien. Il est d’ailleurs super, je ne pensais pas en voir des comme ça dans les écoles françaises.
- Elle a quelle notes ?
- 12, 13 de moyenne.
- Hein ! Pourquoi veux-tu qu’elle ait du soutien ?
- Je ne la trouve pas bonne.
- Je ne comprends pas, tu penses que le prof la surnote ?
- Non !
- Alors je comprends de moins en moins.
- J’ai l’impression qu’elle n’est pas bonne dans l’abstraction.
- . . . 

Vous dire pourquoi, il pensait cela, je ne saurais pas le dire. Car j’avais surtout compris qu’il était très inquiet du niveau de sa fille et mon reflexe a été de lui dire :

" Laisse ta fille tranquille, tu risque de l’inquiéter plutot que de l’aider ! ".

Il me raconte ensuite une anecdote qui lui est arrivé chez un libraire. Il demande au libraire ce que sa fille pourrait lire d’un peu plus sophistiqué que ses lectures habituelles. Le libraire s’emporte en lui disant de laisser sa fille tranquille. Elle lit ; c’est déjà plus qu’il ne pourrait en avoir avec d’autres enfants.

Après cette conversation, je me suis dis que j’avais peut être d’autres idées à communiquer. Voilà le début du blog MathsEtParents

Par courtois
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 11:24

Dans la famille, parfois, il y a celui qui est bon en mathématiques et celui qui est mauvais en mathématiques. Chic, c’est pratique, il y en a au moins un qui peut aider son enfant. Malheureusement, cela ne se passe pas aussi bien que cela. A chaque fois, que le parent doué en mathématiques aide son enfant cela peut tourner au drame. Il ne comprend pas que son enfant ne comprenne pas l’évidence.

Le premier conseil est assez simple :

Il m’est arrivé " d’interdire " au parent bon en mathématiques d’aider son enfant. Le parent qui est bon en maths doit faire attention à aider son enfant avec discernement et calme. S’il n’est pas capable d’expliquer ce qu’il croit évident, il vaut mieux s’abstenir. L’évidence n’existe pas. L’énervement ne sert qu’à renforcer les blocages.

C’est une situation classique ; être bon dans une matiére ne donne pas les capacités de passer un savoir, or dans le cas d’une relation parent-enfant, l’exigence des parents pourrait ne pas se satisfaire de l’incompréhension ou des difficultés de leurs enfants. Je suis bon nageur et bon skieur, j’ai essayé de l’apprendre à ma fille, cela risquait à chaque fois de tourner au drame, j’ai laissé cet apprentissage à des professionnels.

Le deuxieme conseil sera plus difficile à appliquer :

Le parent mauvais en maths peut aider son enfant en apprenant avec l’enfant.

Bien sûr, il faut une bonne dose de remise en cause pour le parent. Il faut qu’il se débarrasse de son refus de comprendre les mathématiques, pour pouvoir aider son enfant sinon cela ne marche pas. Il doit vraiment essayer de comprendre avec l’enfant. Il n’y a pas d’impossibilité. La maturité permet d’aborder les connaissances avec moins d’angoisse pour l’adulte. Il n’a pas d’enjeu. Et quelle fierté pour l’enfant quand il peut expliquer des choses à sa mére ou à son pére.

J’ai eu cette idée un jour où j’étais étudiant en mathématiques spéciales. Je calais depuis des heures sur un probleme difficile. Au moment où j’allais abandonner, ma belle-mére m’a demandé si elle pouvait m’aider. J’étais très surpris car elle criait haut et fort qu’elle était nulle en maths. Et puis l’idée a fait son chemin dans ma tête. Je n’arrive pas à résoudre le probleme parce que je ne le comprends pas et je ne le comprends parce que je le formule pas. Si j’essaye de formuler une idée très abstraite à une personne qui n’est pas de mon niveau peut etre que je débloquerais quelque chose. J’ai donc essayé de lui faire comprendre une partie de la théorie du calcul différentiel de mathématiques spéciales. Et cela a marché. En essayant de faire comprendre quelque chose de fondamentalement difficile à quelqu’un d’ignorant sur le sujet, je comprenais mon incompréhension et je pouvais trouver la solution de mon probleme. Pour la petite histoire, elle croyait que je butais sur un devoir d’anglais…

On retrouve cette idée dans la méthode Suzuki pour apprendre un instrument de musique.

Par courtois
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 16:16

Ce n'est pas en semant des orties que l'on récolte des roses

Ce n'est pas le chemin qui est difficile c'est difficile qui est le chemin (Simone de Beauvoir)

On ne s'appuie que sur ce qui résiste

L'évidence n'existe pas.

Ça n’était pas bien difficile !. Sans doute; mais fallait-il y penser. (Christophe Colomb)

Qui se frotte à l'ail ne sent pas la giroflée. (Cervantes)

Faites en moins mais faites le bien.

L'arbre qui tombe fait plus de bruit que la foret qui pousse.

Par courtois
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 12:09

   La mathématique est assimilée à l’abstraction. Les deux concepts sont tellement imbriqués dans nos esprits qu’elles se confondent pour nombre de gens. Qui n’a pas entendu dire:" je suis nul en maths, l’abstrait je n’y comprends rien."

   Cependant c’est une erreur malheureuse pour nombre d’enfants qui entendent ce discours car elle assimile les mathématiques à des objets ethérés qui n'existent pas dans la réalité. Pourtant les chiffres et les figures géométriques se retrouvent à chaque coin de rues de sa vie

  Enseigner l’abstraction, est ce possible ? Je n’y crois pas trop ou alors surement pas de façon académique. Une fois j’ai répondu à un parent, qui me demandait comment apprendre l’abstraction à sa fille.

                Jouez !!!

Jouez aux échecs, à l’Othello, à l’awele pour construire le raisonnement inductif.

Jouez au monopoly ou à " la bonne paye " pour apprendre les additions.

Jouez aux légo pour la géométrie dans l’espace ou faites des promenades en lisant une carte.

Jouez au twister pour la latéralisation.

Jouez, Jouez, Jouez… ! Et plus votre enfant jouera et plus il construira de la pensée abstraite.

Apprenez-lui le Solitaire, des patiences, le Sudoku et tout un tas de jeux pour qu’il puisse jouer seul. Je viens de découvrir le jeu "embouteillages" absolument génial pour la pensée inductive.

Vous sentez qu’il maitrise mal l’espace, achetez-lui une console vidéo et mettez le devant un Doom Like, vous verrez qu’au bout de quelque temps il vous donnera des leçons de GPS.
Mes élèves actuels arrivent à résoudre des problemes de géométrie dans l’espace que des élèves d’il y a 10 ans maitrisaient à peine. Grace à qui : aux jeux vidéos. Attention, bien sur, il ne faut pas en abuser.

 

Par courtois
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